Quand ralentir devient vital : récit d’un freelance en “pré-burnout”

Il y a 1 mois j’écrivais sur LinkedIn la phrase suivante :

“Je crois que je suis en pré-burnout”

Depuis, j’ai pris BEAUCOUP de recul par rapport à ma réalité de travail habituelle.

J’ai envie de te donner des nouvelles et te raconter un peu ce qui s’est passé depuis.

Mais commençons déjà par donner plus de contexte à cette annonce de “pré-burnout”.

Retour sur trois années de structuration intense

Globalement depuis 2021, l’année où j’ai décidé de me focaliser à 100% sur mes missions de création de contenu et de formation/accompagnement pour les freelances (et aussi où mon entreprise à fait un saut en termes de chiffre d’affaires) je considère que je suis dans une phase de “structuration”.

Chaque année depuis, je cherche (et ensuite on cherche depuis que je me suis associé avec Dani), le bon format pour ce fameux passage entrepreneurial de “solo” à “plusieurs”.

Si vous lisez mes bilans de fin d’année que je publie depuis cette date, vous savez que ce chemin est riche de beaucoup de rebondissements.

Certaines choses fonctionnent, d’autres capotent, et ça représente la réalité de l’aventure entrepreneuriale plutôt bien : test & learn, et on répète.

Mais ces 3 années d’expérimentation m’ont, je crois, usés petit à petit. Sans que je m’en rende compte en apparence.

Les premiers signaux d’un épuisement professionnel

Depuis un mois je prends du temps pour analyser les “signaux” qui démontraient que j’arrivais petit à petit à un état d’épuisement professionnel.

Des cycles entre stabilité et crash

J’avais par exemple remarqué par le passé que je fonctionnais avec des cycles :

  • J’avais des phases de “stabilité”, ou j’arrivais à tenir le cap des projets, piloter la boite et faire ce que j’avais à faire
  • et de temps en temps j’avais des phases de “crash” où tout me semblait beaucoup trop gros et j’avais la sensation de perdre les pédales

schématiquement ça ressemble à ça :

Dans les périodes de crash, j’avais souvent besoin de prendre du recul et me couper de toutes les stimulations du monde et du travail.

Je quittais les réseaux sociaux pendant quelques jours, j’installais un nouveau jeu vidéo grâce auquel je redécouvrai l’adolescent geek qui sommeille en moi et qui peut jouer non stop pendant tout un week-end, je ne répondais plus à aucun message même ceux de ma mère.

Je crois qu’on a tous et toutes des périodes un peu comme ça, où on se “protège” du monde extérieur pour recharger les batteries.

Après quelques jours, je retrouvais mon “moi normal” et je repartais.

Une dégradation accélérée des phases de repos

Habituellement ces “cycles” de stabilité puis crash étaient assez espacés.

Plusieurs mois de stabilité donnaient lieu à quelques jours de crash.

Je me disais que “ça va, c’est normal, tout le monde à ça”.

Cette observation avait même donné lieu à un super épisode sur mon podcast avec Estelle Keribin, une experte de la régulation du système nerveux.

Mais petit à petit :

  • les périodes de stabilité étaient de plus en plus courtes
  • les crashs de plus en plus long

Jusqu’à cette prise de conscience il y a un mois, que j’avais enchainé 3 “cycles” en à peine 30 jours. Là où normalement chaque cycle prenait 6 mois.

C’est cette prise de conscience qui a commencé à planter les mots “burn-out” dans ma tête.

Des signaux émotionnels et mentaux très clairs

Et ensuite j’ai vu tous les autre signaux en cascade :

  • Je n’avais plus aucune patience pour tous les comportements qui me hérissent dans notre écosystème entrepreneurial, là où normalement je suis plein d’empathie et capable d’avoir des conversations bienveillantes avec des gens qui voient le monde de façon diamétralement opposée à ma vision des choses.
  • Mêmes les messages de mes propres client·es me saoulaient et déclenchaient en moi des émotions comme la frustration, alors qu’en temps normal c’est ce qui me nourrit
  • En 2024 ma charge mentale avait EXPLOSÉ du fait d’un cumul trop intense de plein de projets pro, mais aussi perso, familiaux, …

Mais tout ça je ne l’avais pas vu.

Notamment parce que je me disais que “ça va, je bosse de moins en moins chaque année, c’est chill”

Je pensais que parce que je diminuais mon volume horaire de travail, les autres signaux n’étaient que “passagers” plutôt que révélateurs d’une tendance qui se normalisait.

La charge mentale invisible : le vrai piège

Pourtant je le sais… le temps consacré à travailler n’est qu’une partie de ce qui nous préoccupe nous entrepreneur·es. Ce n’est pas parce qu’on a coupé l’ordinateur que nos pensées ne fusent pas encore au sujet de nos projets et nos entreprises.

C’est en lisant le dernier livre de Cal Newport : Slow Productivity – que j’ai repris conscience d’à quel point mon mental était CHARGÉ par toutes ces choses constamment.

Le coût invisible de chaque projet

Il parle notamment du “coût de gestion mentale invisible” pour chaque projet, objectif, responsabilité qu’on a dans le travail. Mais ça s’applique aussi au perso.

Pour chaque mission qu’on se fixe dans nos vies, il y a ce “coût mental invisible” qui s’ajoute à la charge mentale dont on a conscience (le fait d’y penser, de réfléchir, …) et au temps qu’on passe effectivement à oeuvrer pour ça.

Dans mon cas, je crois que c’est ce qui a fait basculer mon système en instabilité totale.

L’accumulation de trop de “dossiers” ouverts dans ma tête, avec la charge mentale invisible du fait de leur existence.

Le moment où j’ai senti que je basculais

C’est ainsi que fin Septembre, alors que j’étais chez mon ami Killian Talin à la Maison des Créateurs entouré d’entrepreneur·es qui en temps normal m’auraient inspirés et donné de l’énergie…

… je me suis retrouvé à n’avoir AUCUN jus, assis devant mon ordinateur avec une sensation de vide, et la peur dans le ventre à voir mon état dégringoler dans l’épuisement.

À tel point que toutes les conversations “business” qui pullulaient autour de moi (on était 25 personnes) me sortaient par tous les orifices tellement ça me saoulait.

Bref, c’est là où je me suis dit :

“ok, je crois que j’suis au bord du précipice, il faut faire quelque chose”.

Ralentir radicalement (et réorganiser)

C’est là où j’ai écrit ce fameux post sur LinkedIn.

Et où j’ai décidé de ralentir de façon radicale.

Et changer des choses pour le mieux.

Je vais pas trop trop rentrer dans les détails (parce que ce sera certainement une newsletter à part entière, et que trop d’info tue l’info) mais en gros :

  • J’ai coupé mon salaire pour m’autoriser à travailler 90% de moins (1 tâche par jour, max 2h)
  • J’ai redirigé l’argent que je ne me payais pas en salaire vers des freelances pour faire les tâches que je ne pouvais plus faire
  • J’ai rajouté beaucoup de sport dans mes semaines, avec des déplacements jusqu’à ma salle de crossfit
  • J’ai marché et couru dans la forêt, beaucoup
  • Je me suis autorisé à faire beaucoup de choses “inutiles” sans objectif, notamment les jeux vidéos

Prendre des décisions structurelles grâce à l’épuisement

Je me suis aussi rendu compte que le fait d’avoir aussi peu de “ressources” m’a permis de prendre des décisions de réorganisation plus radicales et libératrices pour le futur de mon entreprise.

Avec mon associée Dani on a eu des conversations hyper profondes et importantes ces dernières semaines, j’ai envie de dire “grâce” à mon état d’épuisement.

C’est certainement ma déformation professionnelle de coaching, mais j’ai pu faire un bon “reframing” de cette situation pour voir qu’elle m’offrait aussi des perspectives pour le futur.

Mais je sais aussi que ce “reframing” et le positif qui découle de cette expérience est en partie parce que j’ai eu le privilège de mettre les freins au bon moment.

Ce qui m’a permis de tenir

  • Je me suis construit un matelas de sécurité d’épargne
  • J’ai une entreprise plutôt structurée
  • J’ai un entourage amical, familial et amoureux qui me soutient TELLEMENT
  • J’ai les meilleur·es client·es au monde
  • J’ai une communauté en OR (ça veut dire toi !)
  • J’ai des relations de partenariat et de soutien incroyables

Bref, la liste est longue.

Où j’en suis aujourd’hui

Voilà, c’était une sorte de bilan de ce qui se passe dans ma vie d’entrepreneur depuis les dernières semaines.

Je suis pas sorti de l’auberge pour autant.

Je me sens plus stable qu’il y a un mois, mais je me sens quand même pas vraiment au top.

Cette semaine je dois assurer mon gros séminaire virtuel de l’année (Excellence Marketing Indépendant) et en Décembre je dois terminer le manuscrit de mon livre ainsi que démarrer la période de recrutement pour la nouvelle promo du programme SURF.

C’est des choses importantes pour moi et mon entreprise, mais je conserve cette intention de lenteur, de prise de recul, avec l’objectif de prioriser mon “self-care” avant toute autre chose.

Un équilibre pas simple à trouver, mais on va essayer.

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