Ne plus être un·e freelance “jetable” : sortir du modèle de la consommation – avec Caroline Teulery

Dans l’écosystème freelance, beaucoup vivent la même sensation diffuse sans toujours réussir à la nommer : enchaîner les missions, livrer vite, répondre présent·e… puis disparaître aussitôt la prestation terminée. Être utile, mais interchangeable. Sollicité·e, mais rarement considéré·e.

Dans cet épisode du podcast Young, Wild & Freelance, Thomas Burbidge reçoit Caroline Teulery, designer et stratège indépendante, pour mettre des mots précis sur ce malaise : le modèle du freelance “jetable”, ou du freelance de consommation — et surtout, pour explorer comment en sortir concrètement.

Un échange lucide, incarné, qui parle de posture, de cadre, de fatigue émotionnelle, mais aussi de reconquête de sens et de respect professionnel.

Freelance de consommation : de quoi parle-t-on vraiment ?

Le freelance de consommation n’est pas incompétent, ni mal intentionné. C’est souvent quelqu’un de consciencieux, adaptable, rapide. Justement trop.

Dans l’épisode, Caroline décrit ce modèle comme une suite de prestations isolées, souvent standardisées, où :

  • le besoin est urgent,
  • la relation est courte,
  • la réflexion stratégique est absente,
  • et la valeur produite disparaît dès la livraison.

Le ou la freelance est alors utilisé·e pour exécuter, rarement pour penser, questionner, accompagner. Une fois le livrable transmis, le lien s’éteint. Cette mécanique crée un sentiment de dépossession : du sens, de la reconnaissance, parfois même de l’identité professionnelle.

Plateformes, volume et illusion de réussite

Caroline raconte comment, après un démarrage freelance plutôt fluide, elle se retrouve progressivement happée par les plateformes de mise en relation comme Malt.

Les missions s’enchaînent, le chiffre d’affaires monte, l’agenda se remplit.

Mais un autre phénomène apparaît :

moins de dialogue, moins de temps, moins de marge de manœuvre.

La logique de volume remplace la logique de collaboration.

Ce n’est pas la plateforme en elle-même qui pose problème, mais le cadre implicite qu’elle impose : rapidité, comparabilité, pression sur les prix, et faible investissement relationnel. À terme, ce modèle use, même quand “tout va bien” sur le papier.

Le basculement : reprendre une posture, pas juste augmenter ses tarifs

Un des points centraux de l’épisode, c’est ce renversement de perspective :

sortir du modèle jetable ne commence pas par une grille tarifaire, mais par une posture professionnelle.

Caroline parle du moment où elle cesse de se présenter uniquement comme “exécutante” pour assumer une posture de designer-stratège.

Cela implique :

  • d’expliciter sa méthodologie,
  • de poser un cadre de collaboration,
  • de ralentir certaines discussions,
  • et parfois, de dire non.

Ce changement n’est pas confortable. Il confronte à la peur du manque, à l’incertitude, à la tentation de revenir à des missions “faciles”. Mais il transforme profondément la relation client : le travail devient un espace de réflexion partagée, pas une simple transaction.

Dire non, poser ses conditions, rester professionnelle

Un point fort de l’épisode réside dans la nuance :

sortir du modèle de consommation ne signifie pas claquer des portes ou mépriser ses anciens clients.

Caroline insiste sur l’importance de finir les collaborations proprement, d’accompagner les transitions, de rester respectueuse — tout en cessant d’accepter des conditions qui ne conviennent plus.

Dire non devient alors un acte professionnel, pas une rupture émotionnelle.

Poser un cadre, ce n’est pas se rigidifier : c’est se rendre lisible.

Fatigue émotionnelle et gestion de l’énergie freelance

L’épisode aborde aussi un sujet souvent invisibilisé : la charge émotionnelle du freelancing.

Derrière le modèle du freelance “jetable”, il y a :

  • la peur de ne pas retrouver de missions,
  • l’hyper-disponibilité,
  • la difficulté à se projeter,
  • et la confusion entre valeur personnelle et valeur marchande.

Caroline évoque l’importance de se reconnecter régulièrement à son “pourquoi”, de ritualiser des bilans, et de cultiver une forme de bienveillance envers soi. Sortir du modèle jetable, c’est aussi accepter que la solidité se construit dans le temps, pas dans l’urgence.

Ce que cet épisode change pour les freelances

Cet échange ne propose pas de méthode miracle. Il ouvre un espace de réflexion honnête sur ce que signifie “bien travailler” en freelance, au-delà de la performance.

Il rappelle que :

  • la valeur ne se limite pas au livrable,
  • la posture influence directement la qualité des relations,
  • et que la pérennité passe par des choix parfois inconfortables, mais structurants.

FAQ – Freelance jetable & modèle de consommation

Qu’est-ce qu’un freelance “jetable” ?

Un·e freelance sollicité·e pour des prestations rapides et standardisées, sans véritable relation de long terme ni reconnaissance de sa valeur stratégique.

Pourquoi ce modèle est-il si répandu ?

Il est favorisé par l’urgence, les plateformes, la pression sur les prix et la confusion entre disponibilité et professionnalisme.

Comment sortir du modèle du freelance de consommation ?

En travaillant sa posture, en explicitant sa méthodologie, en posant un cadre clair et en acceptant de dire non à certaines missions.

Est-ce risqué de refuser des projets quand on est freelance ?

À court terme, cela peut générer de l’inconfort. À long terme, cela permet de construire des relations plus saines et une activité plus durable.

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