Comment conjuguer travail indépendant, quête de sens et engagement climatique dans un monde où l’urgence devient impossible à ignorer ?
Dans cet épisode profond de Young, Wild & Freelance, Thomas Burbidge reçoit Mathilde Paul, coach, entrepreneure, militante… et humaine en chemin. Ensemble, ils explorent les liens intimes entre écologie, émotion, action collective, et construction d’un business freelance cohérent avec ses valeurs.
Mathilde raconte son rapport à l’engagement, la transition entre “savoir” et “agir”, la puissance des collectifs militants, mais aussi les dilemmes financiers, les peurs, les contradictions et les conséquences très réelles de l’action directe. Un épisode rare, d’une grande honnêteté, qui montre ce que signifie réellement “aligner son entreprise avec l’urgence climatique”.
Qui est Mathilde Paul ?
Mathilde Paul est coach en bilan de compétences et fondatrice de Savannah Coaching. Mais son identité ne se réduit pas à son activité : Mathilde est aussi militante écologiste au sein de collectifs comme Dernière Rénovation ou Riposte Alimentaire, engagée dans des actions directes, blockades et campagnes publiques.
Elle incarne une nouvelle génération d’indépendant·es qui refusent la dissonance entre convictions personnelles et travail quotidien — quitte à affronter la peur, la précarité, la colère, la garde à vue, et la reconstruction permanente de son équilibre.
Sa voix est précieuse : elle met des mots sur ce que beaucoup ressentent sans oser le vivre — la tension entre sens, survie économique, fatigue militante, et fidélité à soi-même.
Résumé de l’épisode
L’épisode s’ouvre avec un moment fort : Mathilde décrit une action directe, la peur sur la route, les insultes, l’adrénaline, et le sentiment d’urgence intérieure qui la pousse à agir. On plonge immédiatement dans le concret de l’engagement écologique — loin des discours marketing “verts” ou du politiquement correct.
L’échange explore ensuite le passage progressif de la prise de conscience intellectuelle à la décision d’agir. Mathilde partage comment elle est passée par plusieurs collectifs (Greenpeace, Extinction Rebellion, monnaies locales) avant de trouver sa place dans des mouvements de résistance civile structurés.
Thomas l’interroge sur le pourquoi du militantisme radical : pourquoi bloquer des routes ? pourquoi risquer une garde à vue ? pourquoi consacrer du temps à des actions gratuites, non professionnalisées ?
Mathilde raconte la dimension émotionnelle de l’engagement : la colère, la tristesse, l’impuissance, puis la puissance retrouvée. Agir devient une manière de tenir debout, de se sentir utile, de sortir du déni.
L’épisode aborde ensuite la question qui hante beaucoup de freelances engagés :
👉 Peut-on concilier engagement militant et activité rentable ?
Mathilde explique les arbitrages constants, les périodes de précarité, la nécessité parfois d’utiliser ses privilèges économiques ou sociaux pour soutenir ses engagements.
On explore aussi les tensions entre justice sociale et écologie, les convergences de lutte, l’impact de la garde à vue, les émotions contradictoires, mais aussi la joie de l’action collective et les “victoires” invisibles, celles qu’on partage en équipe.
La conversation se termine sur cette idée forte : l’alignement n’est pas un état parfait, mais une direction. On avance, on se trompe, on ajuste — et on reste fidèle à ce qui compte vraiment.
Chapitres de l’épisode
- 00:00 – Être sur la route : récit de l’action directe et du sentiment de peur
- 02:30 – De la prise de conscience au passage à l’action
- 09:00 – Trouver son collectif militant
- 14:15 – Pourquoi choisir l’action radicale ?
- 18:40 – L’émotion comme déclencheur d’engagement
- 21:00 – Freelancing, choix des missions et recherche de sens
- 27:30 – Équilibre entre entreprise et militantisme
- 33:20 – Justice sociale, écologie, convergence des luttes
- 53:08 – Garde à vue : réalité, conséquences, reconstruction
- 1:06:43 – Engagement durable, privilèges, environnement aidant
- 1:12:28 – Conclusion : “Si pas moi, qui ? Si pas maintenant, quand ?”
Idées clés de l’épisode
- Les engagements individuels sont nécessaires mais insuffisants face à l’urgence climatique.
- L’action collective permet de sortir de l’impuissance et démultiplie l’impact.
- L’alignement entre travail freelance et engagement écologique est un chemin, pas un état.
- Les émotions (colère, peur, tristesse, joie) sont souvent le déclic réel du passage à l’action.
- On peut s’engager à son rythme, selon ses ressources, ses privilèges, son énergie.
- Trouver le bon collectif est essentiel pour durer.
- L’engagement implique des risques réels : financiers, juridiques, émotionnels.
- Il n’existe pas d’“alignement parfait” : l’important est d’avancer sincèrement.
- Se ressourcer, se réguler, se reposer fait partie de la durabilité de l’engagement.
- L’action donne de la puissance : “Agir, ça soigne.”
Citations marquantes
« Si on attend que le gouvernement agisse, il sera probablement trop tard. Si on n’agit qu’à une échelle individuelle, ça sera probablement trop peu. Mais si on agit collectivement, il se pourrait que ce soit juste assez et juste à temps. »
« La puissance, pour moi, c’est la capacité d’agir. Même si l’action me coûte, une fois que je l’ai faite, je me sens plus forte. »
« J’avais besoin de célébrer des victoires avec d’autres. L’action collective m’a permis de sortir de l’impuissance. »
« L’alignement n’est pas parfait. Il se construit dans le temps, avec ses contradictions. »
FAQ
Pourquoi autant de freelances s’engagent dans l’écologie ?
Parce que le travail indépendant crée une quête de sens plus forte : beaucoup cherchent à aligner leurs choix pro avec leurs convictions et l’urgence climatique.
L’action individuelle est-elle suffisante face au climat ?
Non. Elle compte, mais Mathilde Paul rappelle que l’action collective est bien plus efficace pour faire bouger les lignes.
Peut-on être freelance, engagé·e et financièrement stable ?
Oui, mais cela demande des arbitrages permanents, notamment sur la charge de travail, l’énergie disponible et les choix de missions.
Quels risques prend-on en rejoignant un mouvement écologique radical ?
Risque juridique (garde à vue), financier (amendes), émotionnel et relationnel. Mathilde partage comment elle les anticipe et s’y prépare.
