Prendre une vraie pause de deux mois quand on est freelance… ça semble impossible, voire dangereux. Et pourtant : dans cet épisode de Young, Wild & Freelance, Thomas Burbidge accueille Marlène Ferrero-Varsino pour décortiquer les implications concrètes, émotionnelles et stratégiques d’une pause longue en indépendant·e. Une conversation essentielle, honnête, qui pourrait bien transformer ton rapport au repos, au travail et au temps.
Présentation de l’invitée : Marlène Ferrero-Varsino
Marlène Ferrero-Varsino est graphiste indépendante et membre de la communauté Créa Sans Shérif. Elle a mené une recherche-action autour d’une pause volontaire de deux mois — une coupure totale, sans production, sans prestations, sans visibilité — pour explorer les impacts réels sur son travail, son mental et sa trajectoire d’indépendante.
Sa voix compte parce qu’elle incarne à la fois la pratique, la réflexion stratégique, et la sincérité brute : celle d’une entrepreneure qui s’est donnée la permission d’arrêter pour mieux revenir.
Résumé de l’épisode
L’échange s’ouvre sur un constat partagé par beaucoup d’indépendant·es : l’idée même de faire une pause longue semble incompatible avec l’entrepreneuriat. Peur de perdre des clients, peur de la baisse de chiffre d’affaires, peur de ne pas “mériter” le repos… autant de croyances que Thomas et Marlène déconstruisent pas à pas.
Marlène raconte son cheminement vers cette pause : une envie viscérale de ralentir, un besoin de réévaluer son rapport au travail, et le choix d’assumer cette démarche non plus comme un simple “temps off”, mais comme un véritable projet entrepreneurial. Avec l’appui d’un cadre de recherche-action, elle prépare sa coupure : communication transparente auprès des clients, gestion de la trésorerie, délégation, anticipation opérationnelle, protocole d’absence.
L’épisode plonge ensuite dans la réalité de la pause : le “rien faire”, l’oisiveté assumée, la détox numérique, les émotions contradictoires, la résistance intérieure, et le regard des autres. Ce moment suspendu ouvre un espace inédit pour repenser la relation à la croissance, au temps et au travail.
La seconde partie met en lumière les bénéfices profonds d’une pause longue : clarté stratégique, simplification, épuration des priorités, transformations identitaires, nouveaux paradigmes, prise de recul radicale. La pause devient alors un acte politique : celui de normaliser le droit au repos dans les métiers de la passion.
Enfin, Thomas et Marlène explorent comment tester cette démarche à petite échelle, et pourquoi ce geste pourrait bien sauver une entreprise… et parfois la personne qui la porte.
Chapitres de l’épisode
- 00:00 – Pourquoi mettre son business en pause paraît impossible
- 01:02 – La peur de perdre ce qu’on a construit
- 02:13 – Organisation, freins et délégation : comment anticiper la pause
- 04:06 – Liberté… et paradoxes de l’entrepreneuriat
- 06:22 – S’autoriser à faire du temps off un projet entrepreneurial
- 08:04 – La “pause choisie” : cadre, protocole et dédommagement
- 10:13 – Communiquer la pause, impact sur les clients et l’écosystème
- 13:47 – Les vrais enjeux de la coupure : ne rien faire, assumer l’oisiveté
- 18:09 – Repenser la relation au temps, au travail et à la croissance
- 28:10 – L’expérience émotionnelle, la détox numérique et la reprise
- 34:54 – Les bénéfices profonds d’une vraie rupture
- 42:15 – Nouvelle clarté, épuration stratégique, retour à l’essentiel
- 58:20 – Comment tester la pause pour soi (petits pas, expériences intermédiaires)
- 1:01:19 – Assumer la pause, regarder le regard des autres
- 1:10:51 – Reprise et nouveaux paradigmes
Idées clés de l’épisode
- Prendre une pause longue n’est pas une fantaisie : c’est une démarche stratégique pour prévenir les pauses subies (épuisement, burn-out, surcharge).
- La vraie difficulté n’est pas opérationnelle, mais psychologique : peur de la décroissance, dépendance émotionnelle au travail, regard extérieur.
- Anticiper une pause demande une préparation concrète (trésorerie, communication, automatisations, cadre client).
- Ralentir révèle la charge mentale invisible du freelance et met en lumière ce qui doit être simplifié.
- La délégation temporaire et le collectif peuvent rendre la pause accessible.
- La pause choisie crée une transformation interne : rapport au temps, à la croissance, à soi.
- La reprise s’accompagne d’une clarté stratégique nouvelle : priorités, offres, clients, rythme.
- Tester une mini-pause (1 à 2 semaines) est un excellent premier pas.
- Le ralentissement volontaire peut sauver une activité… et une santé mentale.
- La pause est aussi un acte politique dans un écosystème dominé par la productivité.
Citations fortes
“On se lance dans l’aventure entrepreneuriale avec une quête de liberté, et on finit prisonnier de ce qu’on a construit.”
“La pause de deux mois est ce qui a sauvé mon entreprise. Et je pourrais même dire qu’elle m’a sauvé moi.”
“Assumer de partir en pause, ça a été un vrai challenge. Je me suis beaucoup cachée derrière le cadre de la recherche… Est-ce qu’on a vraiment le droit de ne rien faire ?”
FAQ
Comment organiser une vraie pause quand on est freelance ?
En anticipant : trésorerie sécurisée, automatisations, communication transparente, délégation, ajustement des offres et un protocole clair d’absence.
Quel impact sur le chiffre d’affaires ou la visibilité ?
Une baisse temporaire est possible, mais l’épisode montre qu’elle peut être compensée par une reprise plus saine, plus claire et plus durable.
Pourquoi est-ce si difficile d’oser faire une pause longue ?
Peur de la perte, injonctions à être productif, lien émotionnel à son business… et manque de modèles. D’où l’importance de normaliser ce geste.
Quels sont les bénéfices d’une pause totale ?
Clarté, stratégie, repos profond, meilleure gestion du temps, priorisation naturelle, transformation du rapport au travail et effet préventif anti-épuisement.
