Comment “scaler” son entreprise freelance ? (explications sans bullshit)

Comment “scaler” son entreprise freelance ? (explications sans bullshit)

Ces dernières années, l'écosystème des freelances est devenu de plus en plus obsédé par un terme anglophone qu'on voit pilonner dans les posts LinkedIn et Instagram : "le scale". On nous présente cette voie comme la solution idéale pour augmenter notre revenu, avoir plus de temps libre, et aussi briser un "plafond de verre" dont tout le monde semble avoir peur.

Explorons ça ensemble.

Déjà, c'est quoi "le scale" ?

De base, ce mot vient du monde des startups - ces entreprises qui cherchent à grossir le plus rapidement possible grâce aux investissements externes de business angels.

Dans la vie d'une startup, il y a grosso modo 3 phases (si tout se passe bien) :

1. Validation marché

L'entreprise cherche le point de rencontre idéal entre le problème identifié et la solution mise sur le marché.

On veut savoir s'il y a bien un potentiel d'acheteurs pour ce qu'on a imaginé.

2. Scale-up

Une fois le marché validé, vient la phase de croissance : on cherche à atteindre une taille critique à laquelle la rentabilité devient possible.

Pour réussir ça, une startup doit être "scalable", c'est-à-dire que le coût (financier ou temporel) de production ne doit pas augmenter avec chaque nouvelle vente.

Par exemple, le travail artisanal d'un menuisier qui fabrique des commodes n'est pas très scalable, puisqu'il doit investir plus de temps et d'argent à chaque vente.

À l'inverse, le modèle des logiciels sur abonnement est très courant pour les startups du fait de sa scalabilité : une fois que le logiciel existe, les coûts n'augmentent quasiment pas avec chaque vente.

3. Stabilisation

Une fois la phase de passage à l’échelle (scaling donc) atteinte, l’objectif devient de consolider ce qui a été construit : pérenniser les revenus, optimiser les marges, stabiliser l’équipe, structurer les opérations.

C’est souvent à cette étape qu’une startup arrête de “brûler du cash” pour devenir enfin rentable - ou qu’elle se prépare à une revente, une levée de fonds supplémentaire ou un changement d’échelle encore plus grand.

Je te donne ce contexte pour bien comprendre d’où ça vient à la base cette réflexion - parce que j’imagine que tu te rends compte que la stratégie de “scaling” est initialement très empreinte d’une très forte volonté de croissance de la taille de l’entreprise.

Et c’est là où on peut se demander si pour nous - freelances, prestataires de services, … - c’est pertinent comme approche…

Quand on ouvre les réseaux, on a l’impression que “LE SCALE” c’est le totem au sommet du mont LinkedIn où brillent des gens qui jurent avoir “triplé leur CA en dormant, grâce au digital et un tunnel magique”.

Je caricature, mais bon… 😅

Alors, le scale pour les freelances :

De la poudre aux yeux ? Ou un nouveau souffle auquel on peut tous et toutes accéder ?

Cette semaine, j’ai voulu tirer ce fil — non pas avec une recette, mais avec le regard d’une femme qui a fait le chemin de l’intérieur : Flavie Prévot.

Après avoir fait le chemin du salariat au freelancing en quête de liberté, elle a découvert que la location de son temps à ses client·es ne lui convenait pas tant que ça non plus.

Depuis, elle est devenue “solopreneur·e” - le terme qu’elle utilise pour parler des freelances devenus plus scalables - et parle beaucoup de ce sujet sur les réseaux.

Pour secouer un peu le cocotier, j’ai décidé de jouer à l’avocat du diable pour essayer de voir si le discours tient debout quand il est challengé … (insérer rire démoniaque)

Ce que je peux te dire déjà, c’est que derrière le fantasme de l’indépendant à 300k€/an sans lever le petit doigt, il y a :

  • une somme d’efforts invisibles, souvent sur plusieurs années ;
  • une charge mentale à dompter pour gérer un business de plus en plus complexe ;
  • … et la tentation vaine de la croissance infinie.

Le piège du scale il est là : croire que plus de chiffres équivaut forcément à plus de liberté. Parfois, c’est l’inverse qui se produit.

Au final, je crois que notre discussion avec Flavie est du coup un reflet très sincère et équilibré de ce sujet :

il y a des gens pour qui c’est pertinent, et d’autres pour qui ça l’est pas.

On a d’ailleurs beaucoup discuté de la question du sens :

“scaler” pourquoi pas - mais dans quel but ?

Pour les thunes ? Pour avoir une semaine de 4j ? Pour faire plus de tricot et de surf ?

Bref, si tu veux réfléchir à ton propre cas, et voir si le scaling mérite que tu y offres un peu de ton attention, l’épisode du jour est fait pour toi 🙂

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