Est-ce que ton parcours créatif te ressemble encore vraiment, ou t’éloignes-tu peu à peu de ce qui t’anime au fond ?
Dans cet épisode du podcast Young, Wild & Freelance, Thomas Burbidge accueille Marie-Laure Cruschi (alias Cruschiform) pour une discussion sans filtre sur les remises en question qui jalonnent la vie des créatif·ves indépendant·es. Doutes, équilibres instables, pressions invisibles et feux sacrés : tout y passe.
Qui est Marie-Laure Cruschi ?
Graphiste, illustratrice et autrice de livres jeunesse, Marie-Laure Cruschi (plus connue sous le pseudo Cruschiform) à une pratique créative dans laquelle se croisent l’art appliqué, la poésie visuelle et une attention artisanale aux détails.
Après un début en agence, elle choisit l’indépendance pour retrouver du sens et aligner ses projets avec ses valeurs.
Aujourd’hui, elle jongle entre collaborations de prestige (Taschen, presse internationale), création éditoriale et projets plus personnels. Son travail rayonne, sans jamais trahir son exigence intérieure.
Résumé de l’épisode
Dès les premières minutes, Marie-Laure partage son ras-le-bol initial du salariat, notamment dans les univers de luxe qui la déconnectaient de ses valeurs. Ce malaise devient un tremplin vers le freelancing.
Avec Thomas, elle explore ensuite les tiraillements quotidiens entre :
- les commandes “alimentaires” et les projets “de cœur”,
- la fidélité à un style et l’envie de se renouveler,
- la visibilité publique et l’alignement intime.
Marie-Laure confie sa peur d’être enfermée dans une case par le succès de certains projets phares comme Cabins, et témoigne de sa récente “crise créative” : sécheresse, doutes profonds, besoin de silence.
Mais cette vulnérabilité devient force : elle plaide pour une approche lente, patiente, organique de la création. Pour elle, le doute est fertile — à condition de l’écouter. L’épisode se clôt sur une question puissante : Qui guide ton parcours ? Une invitation à se repositionner, en douceur.
Chapitrage de l’épisode
- 00:00 – Introduction & rencontre avec Cruschiform
- 03:33 – Études, premières expériences en agence
- 06:19 – Prise de conscience & choix du freelancing
- 12:08 – Construction de son univers créatif
- 17:23 – Édition jeunesse : équilibre entre liberté et commande
- 25:10 – Démarchage, publication, autoédition
- 31:03 – Illustration de presse et stratégies de visibilité
- 41:04 – Le piège du projet-phare & image publique figée
- 50:40 – Sortir de sa case & accueillir le doute
- 60:04 – Galères, résilience et réinvention
- 63:03 – Conseils à son “moi” du début
- 65:08 – Question finale : qui guide ton parcours ?
Idées clés à retenir
- Le doute fait partie du chemin : il ne signifie pas un échec, mais une phase de transition vers plus d’authenticité.
- Visibilité ≠ alignement : le succès d’un projet ne doit pas enfermer dans une image publique réductrice.
- Préserver des temps de création “gratuite” est essentiel pour rester vivant·e dans son métier.
- Assumer ses non-négociables éthiques, même si ça coûte des opportunités à court terme.
- La lenteur comme stratégie : créer dans la durée, accepter les saisons et la patience.
- Se méfier des injonctions (à produire, à communiquer, à “percer”) et revenir à ce qui compte vraiment.
Citations marquantes
“J’avais une vraie douleur à investir de ma personne dans des projets et des identités clients qui ne me correspondaient absolument pas…”
“Douter, ce n’est pas un problème. C’est ce qu’on en fait, qui est intéressant.”
“Le succès d’un projet ne doit pas devenir une prison dorée.”
FAQ
Comment concilier projets clients et créations personnelles ?
Il n’y a pas de recette universelle : Marie-Laure recommande de s’aménager des espaces non rentables mais essentiels, pour nourrir sa vision artistique sur le long terme.
Comment dépasser les périodes de doute ou de vide créatif ?
Ces cycles sont normaux. Il faut parfois ralentir, remettre à plat, accueillir le silence. La patience est une alliée précieuse dans le processus artistique.
Faut-il autoéditer ou publier via une maison d’édition ?
Marie-Laure partage les avantages et limites des deux options : l’édition classique offre un cadre, l’autoédition plus de liberté mais demande beaucoup de ressources.
Comment développer sa visibilité en illustration ?
Travailler son portfolio, démarcher la presse, accepter des projets à haute visibilité parfois faiblement rémunérés… mais garder une cohérence globale dans son image.
